La spasticité associée à la SP est attribuable à un déséquilibre des influx excitateurs et inhibiteurs parcourant les nerfs moteurs (responsables du mouvement), qui est lui-même la conséquence des lésions du système nerveux central. La spasticité peut être à la fois intermittente (spasmes) et tonique (raideur). Les spasmes des muscles fléchisseurs et extenseurs peuvent être très incommodants, en particulier la nuit; ils contribuent à la fatigue, puisqu’ils empêchent aussi bien la personne atteinte de SP que son conjoint ou sa conjointe de dormir! La spasticité peut par ailleurs poser des problèmes de locomotion et de posture (il est plus difficile de marcher et de s’asseoir) et entraver les soins corporels et infirmiers prodigués aux personnes alitées.
Il faut tenir compte de la capacité fonctionnelle lors de l’évaluation de la spasticité. Comme la spasticité est en fait une hypertonie (augmentation anormale du tonus musculaire), c’est grâce à elle que les personnes dont les muscles jambiers sont affaiblis sont en mesure de changer de position, de se mettre debout et de marcher. Autrement dit, le simple fait d’atténuer la spasticité chez ces personnes peut réduire leur capacité fonctionnelle et révéler l’ampleur de la faiblesse musculaire. Il est important de régler la posologie des antispastiques précautionneusement, en augmentant progressivement la dose administrée, de façon à ce que la personne puisse s’y adapter. Le but premier du traitement antispastique est d’atteindre un équilibre qui lui permettra d’avoir un bon tonus musculaire tout en conservant sa force et sa capacité fonctionnelle. Bien souvent, c’est la personne elle-même qui est la mieux placée pour juger de l’efficacité du traitement. Par ailleurs, il est recommandé de se faire évaluer par un physiothérapeute et de suivre un programme d’étirements modérés. On peut s’adonner au yoga, par exemple. Les médicaments, administrés en monothérapie ou en association, peuvent également soulager la spasticité dans une certaine mesure. Quoi qu'il en soit, il est impératif que le traitement médicamenteux soit bien adapté aux besoins de la personne atteinte de SP. En général, lorsqu’un médecin prescrit des antispastiques à un patient, il doit les ajouter à son schéma thérapeutique un par un et en augmenter progressivement la dose pour prévenir tout surdosage et éviter que sa capacité fonctionnelle ne se détériore par rapport au début du traitement. Le baclofène est l’agent à administrer en première intention, et c’est également celui qui est utilisé le plus souvent dans ce cas. Il faut augmenter graduellement la dose de ce médicament, qui doit être fractionnée en plusieurs prises, en espaçant suffisamment les réglages posologiques pour que les effets indésirables puissent s’estomper, et évaluer régulièrement l’effet thérapeutique. Précisons que les effets indésirables liés au réglage de la posologie des antispastiques, tels que l’aggravation de la fatigue et les troubles gastro-intestinaux, ont tendance à s’atténuer avec le temps, mais qu’ils peuvent réapparaître chaque fois que l’on augmente la dose administrée. Il faut éviter de prendre des benzodiazépines pendant la journée, étant donné leurs puissants effets sédatifs; par contre, on peut en prendre une faible dose au coucher pour atténuer les spasmes nocturnes. Depuis peu, on emploie également de la tizanidine en présence de spasticité; son utilisation est assortie des mêmes mises en garde que celles qui ont été décrites précédemment. Le dantrolène est un puissant antispastique, qui ne doit pas être administré aux personnes pouvant prendre appui sur leurs membres, parce qu’il provoque une faiblesse marquée. L’administration de doses relativement faibles de baclofène par voie intrathécale donne de bons résultats; la pompe doit cependant être entretenue par un professionnel de la santé expérimenté, ce qui peut constituer un inconvénient en soi. On peut envisager les injections de toxine botulinique, mais les doses qu’il faut administrer pour relâcher des groupes musculaires aussi imposants que ceux des membres risquent d’être supérieures aux doses maximales recommandées. En cas de spasticité extrême, on peut administrer à la personne du phénol par voie intrathécale; soulignons cependant que les effets d'un tel traitement sont irréversibles, puisqu’il détruit les racines nerveuses. Dans de rares cas, on est contraint de pratiquer une myélotomie, voire une chordotomie chez les personnes ayant de très graves incapacités, pour pouvoir les mettre en position et leur prodiguer les soins élémentaires.
Remarques
Dans tous les cas, il faut commencer par administrer une faible dose de médicament, que l’on augmentera progressivement par la suite.
L’emploi du dantrolène est contre-indiqué chez les personnes qui peuvent encore prendre appui sur leurs membres.
La prudence est de mise lorsqu'on emploie des benzodiazépines, et il faut soupeser les risques associés à l’usage de tels médicaments, notamment leurs effets sédatifs.
Il faut absolument évaluer les répercussions de l’hypertonie sur la capacité fonctionnelle de la personne. Il faut veiller à ne pas trop diminuer l’hypertonie lorsque la spasticité permet à la personne de se mettre debout.
Principaux professionnels de la santé
Neurologue, physiothérapeute, ergothérapeute, infirmière spécialisée en SP.
Prise en charge des symptômes
Il importe d’élaborer un programme d’étirements et d’évaluer la démarche, la mobilité et la sécurité. Il peut être nécessaire de corriger la façon dont s’assoient les personnes qui ont des incapacités marquées. La spasticité peut être atténuée par un traitement médicamenteux; il convient dans ce cas de faire le point avec le médecin traitant.
Autres ressources Site Web de la Société canadienne de la SP qui contient de l’information sur des sujets variés, fournie par des spécialistes nord-américains aux domaines d’expertise divers en réponse aux questions posées par des personnes atteintes de SP.