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Le venin d'abeille ne s'est pas
montré efficace dans le modèle animal de la SP
Communication médicale
Le 2 juin 1998
Résumé
Les résultats préliminaires d'une petite étude contrôlée sur
le venin d'abeille en tant que traitement potentiel de la SP
montrent que cette substance n'a pas été efficace chez les souris
atteintes d'EAE, modèle animal de la SP. Les chercheurs de l'université
des sciences de la santé Allegheny, à Philadelphie, ont présenté
les conclusions de leurs travaux à la réunion du 30 avril 1998
de l'académie américaine de neurologie. Non seulement le venin
d'abeille n'a-t-il pas modifié l'évolution de l'EAE, mais celle-ci
s'est aggravée chez les souris traitées, comparativement aux
souris témoins (recevant un placebo). Un petit essai d'un an
sur des personnes atteintes de SP doit commencer au printemps.
Mené au centre médical Georgetown, à Washington, D.C., il vise
à vérifier l'innocuité du produit et le niveau de tolérance
au traitement. Il ne s'agit cependant pas d'une étude contrôlée.
Historique
Les données suivantes nous ont été transmises par la National
Multiple Sclerosis Society (organisme américain de SP), principal
organisme subventionnaire de l'université Allegheny.
Depuis plusieurs décennies, on entend proclamer
les vertus des piqûres et du venin d'abeille dans le traitement
de la SP et d'autres maladies. Ces allégations n'ont jamais
été prouvées et aucun essai contrôlé n'a été entrepris sur cette
substance dans quelque maladie que ce soit. La National Multiple
Sclerosis Society (NMSS) a subventionné une étude pilote sur
le venin d'abeille, effectuée par Dr Fred D. Lublin et ses collaborateurs
de l'université des sciences de la santé Allegheny, à Philadelphie.
Une subvention des laboratoires Vespa est ajoutée à celle de
la NMSS. L'équipe de trois chercheurs a injecté du venin d'abeille
pur et entier à des souris de laboratoire atteintes d'une maladie
semblable à la SP, l'EAE (encéphalomyélite allergique expérimentale).
Dr Lublin a dévoilé les résultats préliminaires de cette étude
en cours, à la réunion du 30 avril 1998 de l'académie américaine
de neurologie, tenue à Minneapolis (Neurology 1998 ; 50:A424).
Dans une série d'expérimentations restreintes,
l'EAE a été induite chez des souris auxquelles on administrait
ensuite par voie sous-cutanée (sous la peau), soit du venin
d'abeille pur et entier soit une solution saline (placebo),
trois fois par semaine. La dose injectée correspondait à un
nombre de piqûres d'abeille variant entre 4 et 160.
Les chercheurs ont ensuite évalué
l'effet clinique du venin d'abeille sur les symptômes
présentés par les souris, telle la paralysie des
membres postérieurs. Il s'est révélé
nul à toutes les doses administrées. Qui plus
est, l'évolution de l'EAE était plus sévère
chez certaines souris traitées au venin d'abeille que
chez celles à qui on administrait la substance inactive
(placebo). Cependant, le nombre de souris utilisées pour
cette étude n'était pas suffisant pour qu'on puisse
tirer des conclusions définitives.
Bien que le venin d'abeille ne se soit pas
montré efficace lors de ces essais, il se pourrait qu'une
des toxines ou autres substances biologiquement actives qui
le compose puisse produire un meilleur effet que le venin entier.
L'équipe de recherche poursuit donc ses travaux pour
voir si l'un ou l'autre des composants du venin d'abeille pourrait
être bénéfique, ou manifestement nocif,
dans le traitement de l'EAE. Elle s'intéresse particulièrement
aux effets de l'« apamine », capable d'agir sur la conduction
nerveuse en bloquant les vannes à potassium des fibres
nerveuses. Les chercheurs mesureront également les effets
du venin d'abeille entier et de composants de cette substance
sur les zones d'inflammation dans le cerveau et la moelle épinière.
La découverte d'un composant potentiellement bénéfique
du venin d'abeille pourrait aboutir à la mise au point
d'un traitement qui maximiserait ses bienfaits et en atténuerait
la toxicité.
L'aggravation d'une maladie semblable à
la SP, suite à l'administration de venin d'abeille, amène
Dr Lublin à conclure que des essais d'innocuité
et d'efficacité doivent être effectués avant
que les personnes atteintes de SP puissent utiliser ce produit.
Il importe de noter que certaines personnes sont très
allergiques au venin et piqûres d'abeille - la réaction
peut être soudaine et provoquer des effets graves, voire
mortels, dont un choc anaphylactique.
Un petit essai d'innocuité et de
tolérance sur le venin d'abeille, mettant à contribution
des personnes atteintes de SP, devrait commencer au printemps
et durer 12 mois. Dirigé par Dr Joseph Bellanti, du centre
médical Georgetown, à Washington, D.C., il portera
sur environ huit personnes atteintes d'une forme progressive
de SP qui recevront deux injections de venin d'abeille par semaine.
L'état des participants sera évalué à
chaque mois. Si la première étape de cet essai
pilote s'avère prometteuse, les chercheurs pourront passer
à une deuxième étape, soit à un
essai contrôlé, comparant les effets du venin d'abeille
à un placebo. La première phase est subventionnée
par la Multiple Sclerosis Association of America (association
américaine de sclérose en plaques).

Décharge de responsabilité : La Société
canadienne de la sclérose en plaques est un organisme de bienfaisance
bénévole et indépendant. Elle n'approuve ni ne recommande aucun
produit ou thérapie, mais renseigne sa clientèle afin que celle-ci
puisse prendre des décisions éclairées.
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