Résultats de deux études
cliniques comparatives
de médicaments pour la SP :
Rebifmd et Avonexmd Betaseronmd
et Avonexmd
Communication médicale
Le 12 juillet 2001
Résumé
Les résultats de deux études comparatives indépendantes
des trois interférons bêta employés dans
le traitement de la SP ont été livrés à
deux grands colloques médicaux, en mai et à la
fin de juin derniers. Dans l'étude intitulée EVIDENCE,
Rebif aurait été plus efficace que Avonex, sur
le plan statistique, au bout de six mois de traitement, quant
à tous les critères d'évaluation primaires
et secondaires, dont le pourcentage de participants n'ayant
eu aucune poussée et le volume des lésions cérébrales
révélées par l'IRM. Dans l'étude
intitulée INCOMIN, Betaseron s'est montré plus
efficace que Avonex, sur le plan statistique, au bout de douze
mois de traitement, quant aux critères d'évaluation
primaires et secondaires. Entre autres, le taux de poussées
était moindre dans le groupe traité par Betaseron.
En réaction à l'annonce de ces résultats,
Biogen inc., qui fabrique et met en marché Avonex, a
critiqué l'interprétation de ceux-ci et la conception
de l'étude. La Société canadienne de la
sclérose en plaques a fait remarquer que ces études
nous ont éclairé sur les bienfaits de ces traitements
à court terme, mais qu'on ne peut pas encore dire si
l'un d'eux est supérieur aux autres, à long terme.
Détails Les résultats de deux études comparatives
indépendantes des trois interférons bêta
employés dans le traitement de la SP ont été
livrés à deux grands colloques médicaux,
en mai et à la fin de juin derniers.
Étude EVIDENCE
Dre Patricia Coyle, de l'Université d'État
du New York, à Stony Brook, a présenté
les résultats d'une étude directe de Rebif, fabriqué
par Serono, et de Avonex, produit par Biogen, au Congrès
mondial de neurologie, le 22 juin dernier. Il s'agit de deux
interférons bêta-1a, administrés cependant
par des voies différentes et selon des doses différentes.
L'étude était commanditée par Serono inc.
EVIDENCE (Evidence for Interferon Dose Effect
: European-North American Comparative Efficacy) montre qu'au
bout de six mois, Rebif s'est montré plus efficace sur
le plan statistique que Avonex, quant à tous les critères
d'évaluation primaires et secondaires, dont le pourcentage
de participants n'ayant eu aucune poussée et le volume
des lésions cérébrales révélées
par l'IRM. L'étude a été menée dans
56 centres de recherche et comptait 677 personnes ayant une
SP cyclique (poussées-rémissions). Les médicaments
ont été administrés à la dose standard
et par la voie habituelle. Avonex est injecté dans un
muscle, une fois par semaine, à la dose de 30 mcg. Rebif
est injecté sous la peau, trois fois par semaine, à
la dose hebdomadaire de 132 mcg.
Le premier critère d'évaluation
était la proportion des participants qui n'avaient pas
eu de poussée durant le traitement. Celle-ci atteignait
74,9 pour 100 dans le groupe traité par Rebif et 63,3
pour 100 dans le groupe traité par Avonex. D'un autre
point de vue : 25,1 pour 100 du groupe Rebif ont eu des poussées
alors que 36,7 pour 100 du groupe Avonex en ont subies. Le risque
relatif d'avoir une poussée durant le traitement était
de 37 pour 100 inférieur pour le groupe Rebif, comparé
au groupe Avonex. Le recours aux stéroïdes a également
été moins souvent nécessaire pour le groupe
Rebif, selon Dre Coyle.
Les participants ont aussi été
soumis à l'IRM, tous les mois de l'étude. Pris
un par un, les clichés révélaient un nombre
moyen de nouvelles lésions de 50 pour 100 supérieur
dans le groupe Avonex, comparativement au groupe Rebif. On a
aussi observé une diminution statistiquement significative
de la proportion des clichés montrant des lésions
actives dans le groupe Rebif et une diminution statistiquement
significative du nombre de participants traités avec
Rebif ne montrant aucune lésion active, durant l'étude.
Les deux interférons bêta-1a
(Rebif et Avonex) sont disponibles au Canada et dans de nombreux
autres pays, mais non aux États-Unis où Avonex
est protégé jusqu'en 2003 contre toute concurrence
par un produit similaire, en vertu d'une loi américaine,
la U.S. Orphan Drug Act. Serono a laissé savoir qu'elle
avait l'intention de soumettre les résultats de son étude
à la Food and Drug Administration (organisme américain
réglementant les aliments et les produits pharmaceutiques),
aux fins d'obtenir l'autorisation de mettre Rebif en marché
aux États-Unis.
Réaction de Biogen
Les conclusions de l'étude EVIDENCE ont été
contestées par Biogen. Serono a reçu une injonction
d'une cour suisse de cesser d'affirmer que les participants
qui prenaient Rebif avaient 90 pour 100 plus de chances de ne
pas avoir de poussées au cours des 24 semaines de traitement
que ceux du groupe Avonex et que ces derniers présentaient
plus de lésions, selon l'IRM, que le groupe Rebif. Un
porte-parole de Biogen a aussi déclaré que la
compagnie se questionnait sur la rigueur du protocole d'étude
et sur les conclusions qu'on en a tirées. Malgré
l'injonction de la cour, ces résultats ont été
présentés au Congrès mondial de neurologie,
à Londres.
Étude INCOMIN
Dr Luca Durelli, directeur du centre universitaire
de SP, à Torino, en Italie, a exposé les résultats
d'une étude comparative de 12 mois sur Betaseron (interféron
bêta-1b) et Avonex (interféron bêta-1a),
à une réunion de l'Académie américaine
de neurologie, en mai dernier. Cette étude avait été
commanditée par la Fondation pour la SP de l'Italie et
le ministère italien de la Santé. INCOMIN veut
dire " Independent Comparison of Interferon ".
Ce projet a été mené
dans 15 centres de SP européens et comprenait 188 personnes
ayant une forme cyclique (poussées-rémissions)
de SP. Les deux médicaments ont été administrés
à la dose standard et par la voie habituelle. Betaseron
était injecté sous la peau, tous les deux jours,
à une dose hebdomadaire entre 24 et 32 MUI. Avonex était
injecté dans un muscle, une fois par semaine, à
la dose hebdomadaire de 30 mcg.
Au bout de six mois, les participants traités
par Avonex avaient subi moins de poussées et ils étaient
moins nombreux à en avoir subies que ceux du groupe Betaseron.
Cependant, au bout de douze mois, les résultats étaient
inversés : dans le groupe Betaseron, la fréquence
des poussées était de 0,13 et 11 pour 100 des
participants avaient subi des poussées, tandis que dans
le groupe Avonex, la fréquence des poussées s'élevait
à 0,24 et 20 pour 100 des participants avaient subi des
poussées. Après douze mois d'étude, la
maladie a continué de progresser chez 7 pour 100 des
participants traités par Betaseron, selon l'Échelle
élaborée des incapacités, comparativement
à 25 pour 100 pour le groupe Avonex.
À l'examen des clichés d'IRM
de douze mois, le groupe Betaseron présentait moins de
nouvelles lésions (15 pour 100 comparativement à
30 pour 100 pour Avonex) et moins de lésions amplifiantes
(9 pour 100 comparativement à 22 pour 100 pour Avonex)
et l'activité de la SP s'y révélait moindre
(18 pour 100 comparativement à 35 pour 100 pour Avonex),
selon Dr Durelli.
Réaction de Biogen
Dans une lettre aux médecins envoyée à
la suite de l'annonce de ces résultats, Biogen Canada
a souligné que l'étude était très
courte et que la méthode de protection du double insu
n'était pas appropriée. La compagnie fait aussi
remarquer qu'on n'a pas tenu compte du fait que le groupe Avonex
présentait plus de lésions, selon l'IRM, au début
de l'étude.
Société canadienne de la
sclérose en plaques
Commentant ces études, Dr William McIlroy,
conseiller médical national, a déclaré
: " Bien que ces études nous éclairent davantage,
certaines inconnues demeurent. Elles nous donnent des résultats
à courte échéance, alors que la SP est
une maladie à longue échéance. On ne peut
donc pas dire si l'un des interférons bêta sera
meilleur qu'un autre avec le temps. Ces études nous ont
permis de faire un pas en avant, mais il est trop tôt
pour en tirer des conclusions définitives. "
" Une autre question se pose :
les interférons bêta perdraient-ils de leur efficacité
à la longue, en raison du développement d'anticorps
dits neutralisants, en réaction aux médicaments
injectés ? Ces anticorps semblent se développer
plus rapidement, aux doses élevées d'interférons
bêta. Cependant, leurs effets réels sur l'efficacité
des traitements sont toujours controversés. Ajoutons
que les résultats de ces deux études n'ont pas
encore été soumis à l'évaluation
par les pairs, aux fins de publication, ce qui donnerait aux
médecins un meilleur accès aux résultats
" , signale Dr McIlroy.
Décharge de responsabilité
La Société canadienne de la sclérose en plaques est un organisme
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ne recommande aucun produit ou thérapie, mais renseigne sa clientèle
afin que celle-ci puisse prendre des décisions éclairées.
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