Des chercheurs de Toronto lient
le diabète et la sclérose en plaques et étudient la relation
possible entre ces maladies et le lait de vache
Communication médicale
Le 21 mars 2001
Résumé Une équipe de chercheurs dirigée par Dr Michael
Dosch, de l'Hôpital pour enfants malades, à Toronto, a publié
les résultats de deux études montrant de nouvelles similarités
entre le diabète juvénile (type I) et la sclérose en plaques
(SP). Ces travaux portent aussi à croire qu'une grande consommation
de lait de vache pourrait être en cause dans le développement
de ces deux maladies. Les résultats paraissent dans les numéros
du 1er avril et du 15 février 2001 de The Journal
of Immunology. Les chercheurs prévoient utiliser ces données
pour tenter d'identifier les personnes qui pourraient être vulnérables
à la sclérose en plaques ou au diabète juvénile et de mettre
au point des mesures de prévention. Une vaste étude internationale
sur la prévention du diabète est en voie d'élaboration, selon
Dr Dosch. La Société canadienne de la sclérose en
plaques accueillera favorablement toute future étude sur ces
intéressantes observations.
Détails On savait déjà que la sclérose en plaques et le diabète
juvénile (type I) avaient certains points en commun. Mais les
résultats de deux études publiés dans les numéros du 1er
avril et du 15 février 2001 de The Journal of Immunology
montrent de nouvelles similarités entre ces maladies. Celles-ci
sont très différentes sur le plan clinique. Dans la sclérose
en plaques, les cellules du système immunitaire attaquent la
myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses du système nerveux
central, et causent les symptômes nombreux et variés de la SP.
Dans le diabète de type I, les cellules immunitaires empêchent
le pancréas de produire de l'insuline, entraînant les symptômes
du diabète. Environ 10 pour cent des personnes diabétiques présentent
un diabète de type I. Malgré ces différences cliniques, des
études antérieures ont montré des similarités quant à la distribution
ethnique et géographique des deux maladies et certaines similarités
génétiques.
Immunologie
L'étude menée par Dr Dosch, chercheur principal à
l'Hôpital pour enfants malades, à Toronto, a permis de montrer
de nombreuses similarités entre les réactions immunologiques
observées dans la SP et dans le diabète juvénile. Les chercheurs
ont étudié l'auto-réactivité des cellules T dans le diabète
et la SP en comparant les réponses de ces cellules immunitaires
en laboratoire. Trente-huit 38 personnes atteintes de SP, 34
témoins bien portants et 54 enfants atteints depuis peu de diabète
juvénile ont participé à cette étude. De nombreuses similarités
ont été constatées entre l'auto-immunité des personnes atteintes
de SP et celle des personnes diabétiques. On a aussi remarqué
que cette auto-immunité n'était pas spécifique de la région
touchée par la maladie. En effet, les cellules T des personnes
diabétiques attaquaient les protéines myéliniques du système
nerveux central, et les cellules T des personnes atteintes de
SP attaquaient les protéines du pancréas. L'équipe a également
créé une maladie semblable à la SP chez un modèle souris sujet
au diabète.
Relation possible avec le lait
L'étude dont les résultats seront publiés le 1er
avril portait sur le lien possible entre une grande consommation
de lait de vache et le risque de développer la SP et le diabète
juvénile chez les personnes génétiquement prédisposées à ces
maladies. Les chercheurs ont relevé des signes d'immunité anormale
au lait de vache chez les personnes atteintes de SP. Le lien
possible entre le lait de vache, d'une part, et le diabète juvénile,
la sclérose en plaques et les maladies auto-immunes en général,
d'autre part, soulève une vive controverse. Divers aliments,
dont les produits laitiers, ont été associés à la SP au fil
des ans, mais les difficultés reliées à la conception et à la
conduite d'études rigoureuses dans ce domaine n'ont pas permis
aux chercheurs d'obtenir des résultats concluants.
Dr Dosch et Dr Paul
O'Connor, directeur de la Clinique de SP de l'Hôpital St. Michael,
à Toronto, et membre de l'équipe de recherche, soulignent que
leurs résultats ne sont pas assez probants pour recommander
aux gens de cesser de boire du lait ou de consommer des produits
laitiers ou de nourrir les bébés avec des préparations pour
nourrissons. Par ailleurs, on soupçonne des facteurs génétiques
et environnementaux d'être en cause dans les deux maladies.
Les chercheurs prévoient utiliser ces nouvelles données pour
tenter d'identifier les personnes qui pourraient être vulnérables
à la sclérose en plaques ou au diabète juvénile et de mettre
au point des mesures de prévention. Une vaste étude internationale
sur la prévention du diabète est en voie d'élaboration, selon
Dr Dosch.
Réaction de la Société canadienne de la
SP
D'après Dr William McIlroy, conseiller médical national
de la Société canadienne de la SP, ces deux études fournissent
des données intéressantes et de nouvelles voies de recherche
pour la SP et le diabète juvénile. Soulignons cependant que
dans les efforts pour prévenir ces maladies ou intervenir, s'il
y a lieu, il sera plus difficile d'identifier les personnes
vulnérables à la SP (stade « pré-SP ») que les personnes
vulnérables au diabète juvénile, étant donné que l'incidence
familiale de la SP est beaucoup plus faible que celle du diabète
juvénile. La Société canadienne de la sclérose en plaques accueillera
favorablement toute future étude sur ces intéressantes observations.
Décharge de responsabilité
La Société canadienne de la sclérose en plaques est un organisme
de bienfaisance bénévole et indépendant. Elle n'approuve ni
ne recommande aucun produit ou thérapie, mais renseigne sa clientèle
afin que celle-ci puisse prendre des décisions éclairées.
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