Des chercheurs subventionnés par l'organisme américain
de la SP (National Multiple Sclerosis Society), entre autres,
ont rapporté qu’une molécule appelée
récepteur des hydrocarbures aryliques – favorisant
la réponse du système immunitaire aux toxines
environnementales – semble réguler l’équilibre
entre les cellules inflammatoires et les cellules anti-inflammatoires
dans une maladie semblable à la SP, chez la souris.
Ces observations pourraient, ultimement, aider à identifier
les mécanismes par lesquels certains facteurs environnementaux
peuvent déclencher des réactions auto-immunes
contre le système nerveux central dans la SP.
DÉTAILS
Francisco J. Quintana, Ph.D., Howard Weiner, M.D. (lauréat
du Prix Dystel 2007 pour la recherche sur la SP) et leurs collaborateurs
de l’école de médecine Harvard, à Boston,
ont fait état de leurs observations dans la revue Nature
(1er mai 2008; 453[7191] : p. 65-71). Leur étude a été financée
par la National Multiple Sclerosis Society et les instituts américains
de la santé, entre autres. Marc Veldhoen, Ph.D. (Institut
national de la recherche médicale du Conseil de la recherche
médicale, de Londres) et ses collaborateurs ont obtenu
des résultats similaires dans une étude financée
par le Conseil de la recherche médicale du Royaume-Uni.
Leurs résultats font l’objet d’un article
distinct dans la même revue (1er mai 2008; 453[7191] :
p.106-109).
La sclérose en plaques est provoquée par des attaques
immunitaires contre le cerveau et la moelle épinière.
On croit qu’elle se manifeste chez des personnes génétiquement
vulnérables, exposées à un déclencheur
environnemental inconnu. D’innombrables cellules et protéines
participent à l’attaque. Certaines cellules immunitaires,
les cellules Th17 stimulent l’inflammation, tandis que
les cellules T régulatrices peuvent freiner l’attaque.
Chez les personnes atteintes de SP, néanmoins, ces cellules
ne font pas leur travail, et l’attaque n’est pas
décelée. Une molécule appelée récepteur
d’hydrocarbures aryliques, mieux connue pour son rôle
dans la régulation de la réponse immunitaire aux
toxines, telle la dioxine, est présente à la surface
des Th17 et des cellules T régulatrices. Des études
antérieures ont montré qu’elle pouvait participer
aux interactions entre ces cellules.
Travaillant séparément, les deux équipes
de chercheurs ont étudié le récepteur d’hydrocarbures
aryliques (RHA) chez la souris atteinte d’encéphalomyélite
allergique expérimentale (EAE), maladie apparentée à la
SP. L’équipe du Dr Veldhoen a découvert que
l’induction de l’EAE chez la souris dépourvue
de RHA réduisait le nombre de cellules Th17 sans augmenter
le nombre de cellules T régulatrices. De son côté,
l’équipe du Dr Quintana a révélé que
les résultats de l’activation du RHA dans l’EAE
dépendaient de la toxine utilisée pour l’activation.
Chez les souris auxquelles on a inoculé de la dioxine,
l’activité régulatrice des cellules T régulatrices
a augmenté, la capacité des cellules Th17 a diminué et
l’EAE a été freinée. Chez les souris
auxquelles on a inoculé de la FICZ (une autre toxine),
l’activité des cellules Th17 a été accrue,
et l’EAE s’est aggravée.
Somme toute, les résultats peuvent aider, en définitive, à identifier
les mécanismes par lesquels certains facteurs environnementaux
peuvent déclencher des réactions auto-immunes contre
le système nerveux central dans la SP. Dans un éditorial
accompagnateur, les Drs Emily Stevens et Christopher Bradfeld
(Université du Wisconsin, Madison) soulignent que les
ramifications de ces observations, bien que fascinantes, demeurent
nébuleuses. La clé du mystère réside
peut-être dans le fait que des substances chimiques différentes
affectent le RHA de manières différentes, ce qui
peut déguiser certains indices reçus de l’environnement
par une cellule T en voie de développement. Comprendre
cela s’avère crucial pour l’application de
ces observations à des traitements contre des maladies
auto-immunes comme la SP.
Cote INFO-SP : 2.2.m
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