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UNE ÉTUDE GÉNÉTIQUE SOUTIENT L’HYPOTHÈSE VOULANT QU’UNE CARENCE EN VITAMINE D SOIT UN FACTEUR ENVIRONMENTAL DE VULNÉRABILITÉ À LA SP

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Communication médicale
Le 5 février 2009

Résumé

Des chercheurs subventionnés par la Société canadienne de la SP ont recueilli des données démontrant une interaction entre la vitamine D et un variant génétique répandu, qui peut augmenter le risque d’avoir la sclérose en plaques. Selon les résultats de l’étude publiés dans le numéro du 5 février du journal PLoS Genetics en accès libre, une carence en vitamine D durant la grossesse et dans les premières années de la vie peut accroître le risque de SP pédiatrique

Détails

Les causes de la SP demeurent obscures, mais il est évident que des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux jouent un rôle dans cette maladie. Des études ont montré que la SP est plus répandue dans les régions qui ne bénéficient pas d’un bon taux d’ensoleillement, tels le Canada et le nord de l’Europe. On a constaté que les personnes nées en novembre sont moins nombreuses à avoir la SP que les personnes nées en mai. Cette donnée soutient la possibilité que le manque de soleil durant la grossesse joue un rôle dans la vulnérabilité à la SP. Elle porte ainsi à croire en l’existence d’un lien entre la vitamine D, produite par l’organisme lorsqu’une personne est exposée au soleil, et un risque accru de SP.

L’illustration la plus frappante de ce phénomène est la répartition géographique de la maladie dans des populations appariées selon l’appartenance ethnique. Les études menées dans ce domaine militent en faveur de l’hypothèse selon laquelle le manque de soleil, particulièrement une carence en vitamine D, constitue un facteur de risque environnemental de SP. Des preuves circonstancielles de cette relation proviennent d’études montrant la participation de la vitamine D aux fonctions immunitaire et nerveuse.

Dans une étude subventionnée par la Société canadienne de la SP, la UK MS Society (organisme de la SP du Royaume-Uni), le Wellcome Trust et le Conseil de recherches médicales, des chercheurs de l’Université d’Oxford ont révélé la présence d’un lien direct entre le variant génétique DRB1*1501 et la vitamine D grâce à un récepteur (séquence d’ADN répondant à la vitamine D) présent quasi exclusivement sur les chromosomes porteurs du variant DRB1*1501.

« Nous avons découvert que la vitamine D influe sur l’expression d’un variant génétique particulier. En termes simples, le taux de vitamine D doit être suffisamment élevé pour que ce variant remplissent correctement ses fonctions », explique le Dr Julian Knight, du Wellcome Trust Centre for Human Genetics, de l’Université d’Oxford. « Cet effet est limité aux porteurs du variant DRB1*1501 associé à la SP », précise-t-il.

« Nous savons depuis longtemps que les facteurs de risque de SP sont d’ordre génétique et environnemental », fait remarquer le professeur George Ebers, de l’Université d’Oxford. « Or nos travaux actuels montrent que le principal facteur de risque environnemental candidat – une carence en vitamine D – et la principale région génétique concernée sont directement liés et qu’ils interagissent », poursuit-il. Le professeur Ebers et ses collaborateurs pensent qu’une carence en vitamine D chez la mère, voire dans les générations précédentes, peut altérer l’expression de la DRB1*1501 chez l’enfant.

Dans le compte rendu actuel, les chercheurs démontrent que la vitamine D se lie à un récepteur à la surface du variant DRB1*1501 et en déduisent que cette liaison est nécessaire pour que le thymus, composant clé du système immunitaire, fonctionne normalement.

Le thymus produit une armée de cellules T qui agissent comme des soldats : elles identifient les pathogènes envahisseurs, tels les virus et les bactéries, les attaquent et les détruisent. Il existe des millions de types de cellules T, chacun reconnaissant un pathogène donné. Mais le grand nombre de cellules T présente un risque : l’une d’elles pourrait identifier par erreur des cellules ou des protéines de l’organisme comme des envahisseurs étrangers et se mettre à attaquer des « alliés ».

Habituellement, le thymus régule la formation des cellules T et suppriment celles qui risquent fort d’attaquer les cellules et les protéines de l’hôte. Les chercheurs croient que chez les porteurs du variant DRB1*1501, une carence en vitamine D dans les premières années de la vie pourrait empêcher le thymus de détruire ces cellules T qui s’attaqueront finalement à l’organisme, entraînant la détérioration de la gaine myélinique des fibres nerveuses.

« Notre recherche laisse entrevoir la possibilité qu’une supplémentation en vitamine D durant la grossesse et les premières années de la vie puisse réduire le risque d’un enfant d’avoir la SP », dit le Dr Sreeram Ramagopalan, auteur principal de l’étude. « Non seulement les suppléments de vitamine D sont-ils sans danger et relativement peu coûteux, mais ils peuvent également avoir des effets positifs substantiels sur la santé. En effet, il semble de plus en plus évident que cette vitamine peut réduire le risque de cancer et assurer une protection contre d’autres maladies auto-immunes », ajoute-t-il. 

« Ces travaux ont permis d’approfondir notre compréhension de la cause de la SP », dit le Dr Paul O’Connor, conseiller scientifique et médical de la Société canadienne de la SP. 

« Les preuves du rôle important joué par une carence en vitamine D dans la SP continuent de s’accumuler. La carence en vitamine D est un facteur clé émergent de la SP chez l’enfant et chez l’adulte. Cette découverte relie deux grands domaines de recherche, notamment la génétique et l’épidémiologie, et elle illustre le rôle essentiel de la Société de la SP dans l’éclaircissement du mystère d’une maladie très complexe », souligne le médecin.

Le Dr O’Connor fait toutefois remarquer que l’étude ne fournit pas de recommandations sur le dosage de la vitamine D et que toute décision quant au traitement de la SP ou à l’administration de suppléments devrait être prise conjointement avec un médecin expérimenté en SP.

Recherche et programmes nationaux

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La Société canadienne de la sclérose en plaques est un organisme de bienfaisance bénévole et indépendant. Elle n’approuve ni ne recommande aucun produit ou traitement, mais renseigne sa clientèle afin que celle-ci puisse prendre des décisions éclairées.

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