Biogen Idec a annoncé que 24 cas confirmés de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP - infection virale du cerveau entraînant généralement la mort ou de graves incapacités) ont été relevés parmi les personnes traitées par le Tysabri® (natalizumab, Biogen Idec et Elan Pharmaceuticals) après que l’autorisation de prescription eut été obtenue en juillet 2006.
À la fin de septembre 2009, 60 700 personnes avaient pris du Tysabri dans le monde. Bien que le risque absolu de LEMP chez les patients traités par ce médicament ne puisse encore être évalué avec précision, le fabricant vient d’émettre un communiqué selon lequel 1) le risque de LEMP augmente avec la durée du traitement, 2) le risque serait de moins de un cas sur mille au départ, soit une incidence inférieure à celle qui avait été estimée lors de la réintroduction du Tysabri sur le marché, en 2006, et 3) le risque s’accroît jusqu’à environ un cas sur mille, au terme de deux ans de traitement. Les données disponibles ne permettent toutefois pas d’évaluer le risque de LEMP chez les personnes qui ont pris du Tysabri durant trois ans ou plus. À l’heure actuelle, seulement 2 000 personnes ont suivi ce traitement durant plus de trois ans.
Le communiqué faisait suite à l’annonce du 23 octobre de l’Agence européenne d’évaluation des médicaments (EMEA), organisme équivalent à la FDA (Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques), dans laquelle l’organisme faisait savoir qu’un de ses comités consultatifs amorçait l’examen des risques et des bienfaits de Tysabri, à la lumière du nombre croissant de cas de LEMP associés à ce médicament.
Détails sur les cas observés : d’après le fabricant de Tysabri, les 24 cas de LEMP enregistrés sont survenus chez des hommes et des femmes qui avaient reçu des perfusions de Tysabri toutes les quatre semaines durant une période allant de un an à trois ans et demi, soit deux ans en moyenne.
16 cas sont survenus en Europe, et 8, aux États-Unis.
4 personnes sur les 24 touchées sont décédées.
Le degré d’incapacité des 20 survivants variait de faible à élevé : parmi ceux dont le degré d’incapacité était faible, certains ont pu retourner au travail; parmi ceux qui étaient très handicapés, certains sont confinés au lit et ont besoin de beaucoup d’aide pour accomplir les activités de la vie quotidienne; chez les autres, les résultats se situaient entre ces deux extrêmes. Aucun autre détail n’a été fourni sur l’état de ces personnes.
Le dépistage et le traitement précoce de la LEMP semblent améliorer le pronostic, en général. Il importe que les personnes traitées par le Tysabri ainsi que leur médecin surveillent étroitement l’apparition de tout symptôme nouveau et inhabituel, évocateur de cette maladie.
Se basant sur ces cas, le fabricant a souligné, contrairement à ce qui avait déjà été dit, que la présence de lésions rehaussées par le gadolinium, mises en évidence par l’IRM, n’exclut pas la possibilité de survenue de la LEMP, non plus que l’absence de l’ADN du virus JC dans le liquide céphalorachidien.
Aucun indice important pouvant permettre l’identification des personnes les plus vulnérables à la LEMP n’a été relevé chez celles qui ont contracté cette maladie, outre le fait que la moitié des sujets recensés avait pris un immunosuppresseur dans le passé, tels la mitoxantrone et, plus rarement, l’azathioprine et le méthotrexate.
Il n’existe actuellement aucune méthode d’identification des personnes dont le risque de contracter la LEMP est élevé durant un traitement par le Tysabri. Lors d’une vaste étude commanditée par le fabricant de ce médicament, les analyses sanguines, plasmatiques, sériques et d’urines réalisées chez les participants avant l’étude et après 48 semaines de traitement par le Tysabri n’ont révélé aucune différence quant à la présence du virus JC, agent responsable de la LEMP, (Rudick et coll., ECTRIMS 2009, en anglais seulement). Les résultats de cette étude, effectuée aux Instituts nationaux de la santé des États-Unis, diffèrent quelque peu de ceux d’une étude antérieure (N. Engl. J. Med. 361:1067, 2009, en anglais seulement). Ces derniers semblaient en effet indiquer que les concentrations du virus relevées après le traitement étaient supérieures à celles relevées avant le début du traitement.
Dès que la LEMP était soupçonnée, on mettait fin au traitement par Tysabri. Il n’existe pas de traitement spécifique de la LEMP, mais la meilleure chance de la guérir réside dans le rétablissement d’une réponse immunitaire normale. Dans la plupart des 24 cas de LEMP, Tysabri a été éliminé de l’organisme des personnes touchées, sitôt que la maladie a été confirmée, au moyen de l’échange plasmatique ou de l’immunoadsorption.
Durant la période de rétablissement suivant la LEMP, alors que le système immunitaire revient à la normale, on voit généralement apparaître le syndrome de restauration immunitaire (SRI), environ quatre semaines après l’élimination de Tysabri de l’organisme. Le fabricant du médicament a laissé entendre que certains médecins traitants avaient constaté que l’administration précoce de stéroïdes par voie intraveineuse avait permis d’améliorer l’état des personnes aux prises avec la LEMP.
Contient des renseignements provenant de la National MS Society (organisme américain de la SP).