Analyse
de la Loi sur les personnes handicapées
de l'Ontario
Le
projet de loi sur les personnes handicapées de l'Ontario
(LPHO) a été adopté le jeudi soir 13 décembre
2001, mais devra être promulgué avant d'entrer
officiellement en vigueur, ce qui devrait se produire au cours
du premier trimestre de 2002. (En février, les parties
de la loi concernant l'établissement du Conseil consultatif
de l'accessibilité pour l'Ontario et de la Direction
générale de l'accessibilité ont été
adoptées annoncées.)
Il
y aura beaucoup de travail à faire, même avant
la promulgation de la Loi, pour choisir les membres du Conseil
consultatif de l'accessibilité pour l'Ontario et des
comités consultatifs de l'accessibilité municipaux
et pour créer une Direction générale
de l'accessibilité.
Le
processus de sélection des membres du Conseil provincial
et des comités municipaux devrait être connu
dans les prochaines semaines. La Division de l'Ontario vous
en fera part dès qu'elle en sera informée.
Ce
qui a été accompli
(Un
grand merci à David Lapofsky, président du comité
sur la Loi sur les personnes handicapées de l'Ontario,
qui nous a transmis la plupart des données du compte
rendu suivant sur ce qui a été accompli et sur
l'analyse des modifications apportées au projet de loi.)
Le
projet de loi sur les personnes handicapées de l'Ontario
adopté le 13 décembre 2001 :
stipule
que les gouvernements provincial et municipaux et certaines
organisations du secteur parapublic doivent concevoir et produire
des plans annuels visant à repérer, prévenir
et éliminer les obstacles à l'accessibilité,
suite à des consultations ;
prévoit
une définition élargie de « obstacle »
et de « handicap » ;
contient
des mesures coercitives limitées ;
pourrait
englober le secteur privé si le gouvernement le désirait,
par l'établissement des règlements nécessaires
;
prévoit
un processus d'élaboration de règlements permettant
au public de faire connaître son opinion avant leur
mise en vigueur ; ces règlements pourraient comprendre
des normes en matière d'accessibilité et des
délais pour l'élimination des obstacles ;
comprend
la création d'un Conseil consultatif sur l'accessibilité
pour l'Ontario et de comités consultatifs municipaux
que nous pouvons tenter de rendre efficaces et fiables, dans
les limites de leur pouvoir ;
requiert
que la majorité des membres des comités consultatifs
de l'accessibilité municipaux soient des personnes
handicapées ;
stipule
que toutes les municipalités, et non seulement celles
dont la population est d'au moins 10 000 personnes, préparent
des plans d'accessibilité tous les ans.
«
Bien que le projet de loi 125 soit loin d'atteindre tous les
objectifs du comité sur la LPHO, nous avons fait des
progrès depuis le projet de loi 82, déposé
en 1998, qui fut rapidement retiré après force
critiques. Le gouvernement s'est aussi engagé à
éliminer les obstacles pour les personnes handicapées
en Ontario et à prendre les mesures nécessaires
pour faire appliquer la Loi. Nous surveillerons donc les actions
du gouvernement de près et lui rappellerons ses engagements,
au besoin », dit David Lapofsky, président du comité
sur la LPHO.
Analyse
des modifications
Le comité législatif permanent sur les Finances
et les Affaires économiques a apporté certaines
modifications au projet de loi 125 qu'il a étudié
point par point, le mardi 11 décembre 2001. Ces modifications
ne tiennent pas compte de toutes celles qu'avait fortement recommandées
la Division de l'Ontario de la Société de la SP,
et la plupart des autres organismes et particuliers ayant soumis
des recommandations à ce comité. La LPHO ne reflète
pas complètement non plus la propre vision du gouvernement
ontarien en matière d'accessibilité, dévoilée
le 1er novembre dernier.
Malgré
tout, le comité sur la LPHO fait remarquer que ces modifications
bonifient le projet de loi et que « tous nos efforts ont
vraiment porté fruit ».
Ces
modifications furent relativement exhaustives puisqu'elles touchent
15 des 33 articles du projet.
Définition
de « obstacle »
La
notion d'« obstacle » a été considérablement
élargie et est maintenant définie comme toute
chose qui empêche une personne handicapée de
participer pleinement à toutes les facettes de la société,
en raison de son handicap. S'entend notamment d'un obstacle
physique ou architectural, d'un obstacle relié à
l'information ou aux communications, d'un obstacle comportemental
ou technologique, d'une politique ou d'une pratique.
Définition
de « handicap »
La
notion de « handicap », définie à
l'article 2 du projet, correspond à celle du Code des
droits de la personne de l'Ontario et comprend maintenant
les « traumatismescrâniens
».
Reconnaissance
des obligations juridiques existantes
L'article
3 du projet a été modifié par la seule
proposition du NPD que le gouvernement conservateur ait retenue,
à savoir, que « la loi, les règlements
et les normes n'ont pas pour effet de diminuer les obligations
juridiques existantes du gouvernement de l'Ontario ou d'une
personne ou d'une organisation à l'égard des
personnes handicapées. » Ceci nous permet d'être
plus certains que la LPHO ne peut être utilisée
pour diminuer les droits des personnes handicapées.
Dans le premier projet de loi, on se contentait de dire que
rien dans la LPHO ne limitait l'application du Code des droits
de la personne.
Consultations
publiques
Le
changement peut-être le plus important au projet est
celui qui prévoit un processus d'élaboration
de règlements permettant la consultation du public
avant leur mise en vigueur. Jusqu'à maintenant, les
Ontariens n'étaient généralement pas
consultés sur les futurs règlements. Une nouvelle
étape est donc prévue dans ce processus : avant
que le cabinet n'adopte un règlement en vertu de l'article
22 du projet de loi, il doit en publier une ébauche
dans The Ontario Gazette, et laisser aux personnes intéressées
un délai raisonnable pour faire part de leurs commentaires
à la Direction générale de l'accessibilité
pour l'Ontario.
Sites
Internet du gouvernement
L'article
6 du projet requiert du gouvernement qu'il fournisse «
ses sites Internet sur un format accessible aux personnes
handicapées, sauf lorsque cela n'est pas techniquement
possible. » Le projet original stipulait que le gouvernement
fournisse ses sites Internet accessibles lorsque cela était
techniquement possible.
Publications
du gouvernement
L'article
7 du projet a été reformulé de façon
que sur demande d'une publication du gouvernement de l'Ontario
sous un format accessible, le gouvernement mette à
la disposition du demandeur la publication en question sous
un format auquel celui-ci a accès, sauf lorsque cela
n'est pas techniquement possible. Comme à l'article
6 (sur les sites Internet), cependant, le projet ne prévoit
pas de processus de plainte pour obtenir satisfaction, autre
que le recours prévu par la Commission ontarienne des
droits de la personne.
Obligations
des municipalités
Les modifications au projet concernant les municipalités
sont les suivantes :
Toutes
les municipalités doivent préparer un plan d'accessibilité
annuel. Dans le projet initial, seules celles dont la population
atteignait au moins 10 000 étaient tenues de préparer
un tel plan.
Les
municipalités doivent tenir des consultations sur la
préparation, la mise en oeuvre et l'efficacité
de leur plan d'accessibilité. Celles dont la population
est d'au moins 10 000 personnes doivent consulter leur comité
consultatif de l'accessibilité. Les autres peuvent
créer un tel comité ou consulter directement
des personnes handicapées et d'autres personnes.
La
plupart des comités consultatifs de l'accessibilité
doivent maintenant être composés majoritairement
de personnes handicapées. Cette majorité n'était
pas prévue dans le projet initial.
Les
comités consultatifs de l'accessibilité sont
maintenant autorisés à examiner les plans d'aménagement
et les dessins visés à l'article 41 de la Loi
sur l'aménagement du territoire, documents que le conseil
municipal doit fournir sur demande du comité.
Le
nouveau texte du projet n'exige pas de la municipalité
ou de quiconque qu'il suive les recommandations du comité.
Lorsque
plus d'une municipalité ou autre organisation identifiée
dans le projet sont autorisées à préparer
un plan d'accessibilité conjoint, elles peuvent aussi
créer un comité consultatif de l'accessibilité
conjoint.
Plans
d'accessibilité des organisations de transport en commun
ou des organisations mentionnées en annexe
Les
modifications au projet exige des organisations de transport
en commun et des organisations mentionnées en annexe
(c'est-à-dire les hôpitaux et les universités)
qu'elles consultent les personnes handicapées et d'autres
personnes dans la préparation de leur plan d'accessibilité
annuel.
Mise
en application
Les
modifications prévoient des mesures coercitives pour
les ministères, les municipalités, les organisations
de transport en commun et autres organisations qui ne produisent
pas leur plan d'accessibilité ou ne mettent pas celui-ci
à la disposition du public. Les organisations fautives
sont passibles d'une amende pouvant aller jusqu'à 50
000 $. Les municipalités qui ne forment pas de comité
consultatif de l'accessibilité, alors que la Loi les
y oblige, commettent également une infraction. Les
organismes définis dans le projet comme des organisations,
qui sont tenus d'élaborer une politique d'accessibilité
(non un plan annuel) et omettent de le faire sont également
en infraction.
Rôle
du Conseil consultatif de l'accessibilité pour l'Ontario
Le
projet modifié accroît le rôle du Conseil
consultatif de l'accessibilité pour l'Ontario. À
la demande du ministre, ce Conseil devra faire des recommandations
sur la préparation et la mise en application des règlements
relatifs à la LPHO. La disposition originale quant
aux conseils à donner au ministre sur l'accès
des personnes handicapées à l'emploi en Ontario,
a aussi été remplacée par : « le
Conseil conseille le ministre sur l'accessibilité aux
personnes handicapées à des occasions d'emploi
dans les secteurs économiques de l'Ontario ».
Ceci ne nous semble pas ajouter grand-chose au texte initial
toutefois.
Rôle
de la Direction générale de l'accessibilité
pour l'Ontario
Les modifications au projet obligeraient la Direction générale
de l'accessibilité, nouveau bureau gouvernemental, à
remplir les fonctions suivantes, ainsi que celles qui sont déjà
décrites dans le projet, à la demande du ministre.
Elle devra :
consulter le Conseil consultatif de l'accessibilité
pour l'Ontario ;
demander
aux organisations tenues de produire un plan d'accessibilité
ou une politique d'accessibilité de lui fournir ces
plans et ces politiques ;
examiner
ces plans et ces politiques ;
consulter
le Conseil consultatif de l'accessibilité de l'Ontario,
les personnes handicapées et d'autres personnes que
désigne le ministre afin d'élaborer des codes,
des codes de conduite, des formules, des normes, des lignes
directrices, des protocoles et des procédures liés
à l'objet de la présente loi - ceci est probablement
prévu pour le cas où on élaborerait des
codes pour le secteur privé ;
prendre
connaissance des commentaires adressés au gouvernement
sur les projets de règlements et faire des recommandations
au ministre sur ceux-ci.
Élections
municipales
Des
modifications à la Loi sur les élections municipales
ont aussi été apportées, entre autres,
des bulletins de vote particuliers permettront aux malvoyants
de voter sans aide. Jusqu'ici, cette mesure fut optionnelle
et non obligatoire.
Notre
Mission:
Être un chef de file dans la recherche sur le remède
de la sclérose en plaques et permettre aux personnes aux
prises avec cette maladie d'améliorer leur qualité
de vie.
Division
de l'Ontario
Société canadienne de la sclérose en plaques 175,
rue Bloor Est
Bureau 700, Tour Nord
Toronto (Ontario) M4W 3R8